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Lame des chevaliers – exposition

lame des chevaliersLe musée Mandet a puisé dans ses propres collections et dans celles d’autres musées* ou encore dans celles de particuliers pour monter l’exposition « Lame des chevaliers – de l’épée de croisade au sabre laser ». Rondaches, armures, bacinets, rapières, cottes de mailles, peintures sculptures, épées d’académiciens sont dévoilés au public depuis le 24 juin. Mais c’est aussi l’esprit et les mœurs de la chevalerie que le musée donne à voir à travers 8 thématiques : le chevalier intemporel, les armes et leur usage, les secrets de la forge, la part du jeu, les mythes et les symboles, les compagnons d’armes, le chevalier au féminin et la chevalerie d’aujourd’hui. Une expo autant riche en informations qu’amusante, accessible aux enfants.

* Musée Masséna (Nice), musée Roger Quilliot (Clermont-Ferrand), musée Marcel-Sahut (Volvic(, musée Denon (Chalon-sur-Saône).

Musée Mandet – jusqu’au 4 mars 2018

Coup de pouce aux artisans d’art

vitrine boutiqueLe propriétaire de la boutique du 23, rue du Commerce (Riom), anciennement bijouterie Piery, et la communauté de communes Riom Limagne et Volcans mettent ladite boutique à la disposition des artisans d’art qui désirent exposer leur production. Une convention unie les parties et les artisans paient une somme forfaitaire comprenant notamment les frais d’électricité et d’assurance. De 3 semaines minimum, la durée d’exposition n’excède pas 3 mois, afin de permettre le renouvellement des artisans. Pour plus de renseignements, joindre Elodie Legand à Riom Limagne et Volcans au 04 73 67 11 03.

La France et l’Italie déroulent le tapis rouge à Riom

Les 5 et 6 avril prochains, des élèves du lycée Marie Laurencin de Riom et des élèves du lycée « IIS Einaudi Scarpa » de Montebelluna, commune de la province de Trévise, en Italie, présenteront, à la salle Dumoulin, un superbe gala de mode, dont le thème sera le festival de Cannes et le cinéma.

Robe 2L’Europe, c’est l’enfance de l’art. Ou plutôt la jeunesse de l’art. Prenez des étudiants français et italiens, réunissez-les autour d’un projet qui soit dans leurs cordes – et parmi ces cordes, la plus sensible, celle de la passion – et vous obtenez à coup sûr un résultat de haut niveau.

Depuis près de deux ans, avec l’aide de leurs professeurs respectifs et dans le cadre d’Erasmus, le programme d’échanges scolaires et universitaires européens, les élèves de la classe des Techniciens des Métiers du Spectacle (option habillage) du lycée Marie Laurencin et ceux de la classe de mode de l’établissement IIS Einaudi Scarpa de Montebelluna préparent un gala de mode, qui sera un véritable show de la couture et du cinéma.

L’idée consiste à reproduire, toute proportion gardée, la cérémonie d’ouverture du festival de Cannes, ce moment « people » où les actrices rivalisent de beauté dans leur robes de haute-couture. Quinze robes de gala confectionnées par les élèves italiens et français et portées par des mannequins seront ainsi présentées au public riomois lors d’une montée des marches « à la cannoise », à la salle Dumoulin.

Un authentique travail de création artisanale

la robe mauve finaleMais ce n’est pas tout. A ces quinze robes de gala s’ajouteront une bonne centaine de robes et de costumes inspirés de films fantastiques, romantiques, des James Bond, de Gatsby le Magnifique, du cinéma indien dit « Bollywood », des péplums…  Un authentique travail de création artisanale, à la main, et donc un travail de titan qui mobilise deux lycées depuis près de deux ans.

Zohra Fortas et Isabelle Virecoulon, les deux professeurs qui encadrent les élèves de Marie Laurencin, insistent sur le fait qu’un tel projet est l’occasion de mobiliser l’ensemble du lycée et non pas une seule classe. « Les autres classes s’occupent, pour les unes, de vendre des objets publicitaires à l’effigie de la manifestation comme des mugs, des porte-clés, etc., pour les autres de préparer le buffet de réception ou l’accueil du public, de mettre au point la scénographie, de réaliser la bande-son, de régler les lumières, de mettre en page et d’imprimer le programme… Chaque classe apporte sa pierre à l’édifice en fonction de sa spécialisation professionnelle. »

Partir, c’est grandir

Les étudiants italiens ont rendu visite à leurs coreligionnaires riomois. Les étudiants riomois ont rendu visite à leurs coreligionnaires italiens. Courant février, les élèves de Marie Laurencin remettront d’ailleurs le couvert. Séance de travail à Montebelluna, et petit crochet par Venise pour assister au carnaval – lequel se caractérise par les costumes flamboyants et les masques spectaculaires que portent les habitants de la ville des amoureux. « Le voyage est un peu la clé de tout ça, explique Zohra Fortas. Nos élèves découvrent ainsi d’autres cultures, d’autres univers. Se préparant à un métier d’art, la mode ou le costume de scène, ils ont besoin de voir de belles choses. Quand ils rentrent à Riom, ils sont ensuite plus exigeants. Ils veulent confectionner des costumes aussi beaux que ceux qu’ils ont vus à l’opéra de Venise ou d’ailleurs. Et le résultat est probant. Des anciens élèves de Marie Laurencin travaillent aujourd’hui à la Comédie Française ou à Euro-Disney. »

robe italienne prunePartir, c’est grandir, dit-on à Marie Laurencin. Les élèves riomois ont la bougeotte. Grâce à Erasmus et aux aides de la région Auvergne-Rhône-Alpes, ils ont la possibilité de partir quatre semaines en stage à l’étranger. Pays partenaires : Malte, la Pologne, l’Espagne, l’Italie, la Grande-Bretagne. L’Europe leur est ouverte dès lors qu’ils s’ouvrent à l’Europe.

LES DESSOUS DE RIOM

Un réseau de caves, d’égouts et de souterrains très anciens s’étend sous les rues et les maisons de Riom. Voyage dans les entrailles de la ville, entre suppositions et réalité historique.

acanthe 5Les historiens citent Riom en exemple pour la qualité et l’ampleur de son réseau d’égouts et de tunnels de drainage, que les autorités municipales firent creuser dès le XIIIe siècle, et qu’elles entretinrent peu ou prou jusqu’à la Révolution. Quand Paris n’était encore qu’un cloaque, Riom évacuait déjà ses eaux sales et ses immondices hors des limites de la ville.

De ces égouts et de ces tunnels, il subsiste quelques beaux vestiges, que l’historienne Josiane Teyssot a explorés en partie dans les années 90. Creusé dans le tuf volcanique, le plus long s’étend sous la rue de l’Horloge sur 180 mètres. Sa hauteur de « plafond » étant de 2 à 3 mètres, des hommes pouvaient y circuler sans peine pour les inspecter, voire les nettoyer. D’une longueur de 40 mètres, un autre beau spécimen court au niveau du Marthuret.

Les travaux de Josiane Teyssot ont mis en évidence que l’ensemble de ces conduits souterrains partaient du Coin des Taules, point le plus haut de la ville. Ils collectaient les eaux domestiques au moyen de tunnels plus petits branchés sur les caves des habitations. On voit par-là que nous n’avons rien inventé. Des propriétaires Riomois ont encore accès, depuis leur cave, à ces tunnels aujourd’hui débarrassés de leurs immondices.

Egouts ou souterrains ? Les deux…

floran 2Ces conduits d’égouts ne servaient-ils qu’à l’évacuation des eaux sales ? Il est probable que non. Au moins deux catégories de personnes avaient avantage à les emprunter comme voies de circulation : les ennemis de la ville et les Riomois eux-mêmes. Les égouts se transformaient alors en souterrains.

Quand des périls militaires se profilaient à l’horizon, on fermait les grands collecteurs à l’aide de grilles ou de planches afin que les assaillants ne puissent les utiliser pour s’introduire dans la ville. Ce qui faisait la réputation de Riom était aussi son point faible. Quant aux Riomois, on peut imaginer que beaucoup y descendaient pour se rendre chez tel ou telle de façon discrète. Pour vivre heureux, vivons cachés.

Cette dernière hypothèse est d’autant plus probable, qu’au XIIIe siècle les autorités interdirent aux habitants de creuser des cavernes et des refuges souterrains sous leurs maisons. Les Riomois, sans être troglodytes, affectionnaient donc les sous-sols, et ne se privaient sans doute pas de relier entre eux les abris qu’ils se construisaient. De quoi alarmer n’importe quelle autorité publique, on en convient ! Il est déjà si difficile de faire régner l’ordre en surface…

Les Caves

floran 7Quelques maisons du quartier historique de Riom possèdent 4 niveaux de caves. Mais la moyenne est plutôt de l’ordre de 2 à 3 niveaux. C’est déjà beaucoup. Il faut compter entre 10 et 12 mètres de profondeur pour un troisième niveau.

On y accède depuis les maisons ou les cours par des escaliers en tribune ou à vis taillées dans des blocs de basalte. Les salles atteignent par endroits les dimensions d’une salle de bal. Les caves à vin sont parmi les plus spectaculaires. Voutées, elles comportent des arches et des piliers.  

La ville n’ayant pas cessé de s’élever sur ses propres ruines et sur les remblais accumulés, les caves du premier niveau conservent parfois les vestiges de rues anciennes, comme des porches romans ou gothiques. Si bien qu’on peut encore admirer, dans le secteur de l’ancienne abbaye de Saint-Amable, un corbeau représentant une tête d’animal, une meurtrière ou fausse meurtrière, ainsi qu’une suite de 7 arches, restes d’un cloître, peut-être.

Les eaux

L’été dernier, les caves les plus profondes furent inondées. Or, curieusement, la montée des eaux souterraines a correspondu aux plus fortes chaleurs. Plus le sol a séché, durci, craquelé, plus l’eau s’est infiltrée dans les caves. Ce phénomène trouve peut-être une explication dans l’ancien système d’adduction d’eau de la ville. Rendu infiniment complexe et chaotique par les travaux qui n’ont pas cessé de le morceler depuis plusieurs siècles, il aurait laissé échapper, par effet de dilatation du sol, les eaux qu’il contiendrait encore. C’est une hypothèse. Les nappes phréatiques ont elles aussi pu jouer un rôle dans l’inondation estivale des caves.

Souvenirs de souterrains

Un souterrain relie la Cour d’appel de Riom à la Maison d’arrêt à présent désaffectée. Il a servi à conduire en toute discrétion et sécurité les prévenus en salle d’audience.

Au début des années 70, un souterrain fut percé entre le couvent des Rédemptoristines et les jardins situés en aval de la rue Pierre Mazuer. Les sœurs l’empruntèrent pour se rendre dans leur potager jusqu’à une période relativement récente. C’est l’entreprise Collonge qui fut mandatée pour la réalisation des travaux.

Des Riomois se souviennent encore avoir joué dans les abris anti-aériens situés autrefois à l’emplacement de l’actuelle gendarmerie, rue Alphonse Cornet. Construit à la veille de la seconde guerre mondiale sur le modèle des abris allemands, il était censé abriter le personnel de la Manufacture en cas de bombardement. On y descendait par plusieurs escaliers débouchant tous sur des couloirs équipés de bancs et de toilettes. Ironie du sort, il ne profita guère qu’aux soldats allemands, qui en interdisaient l’accès aux employés de la Manufacture quand l’alarme retentissait. Devenu terrain de jeu après la guerre, il a excité l’imagination des jeunes riomois jusqu’au début des années 80.

Le sous-sol de Riom n’a pas reçu toute l’attention qu’il mérite. Hormis les explorations de Josiane Teyssot et l’intérêt que lui portent des Riomois très attachés à leur ville, il est une friche qui n’attend que les archéologues pour dévoiler ses secrets.

Dédicace de Gérard Georges à la Librairie Andrieux

gérard georges 007Samedi 26 novembre, de 9h à 12h et de 14h30 à 17h, Gérard Georges dédicacera son nouveau livre à la librairie Andrieux, rue de l’Hôtel de Ville, à Riom. Publié par les éditions L’Echappée Belle et préfacé par Jean-Pierre Siméon, poète et directeur artistique du Printemps des Poètes, ce livre de Gérard Georges est un recueil de poèmes intitulé « Hier, Demain, Jamais ».

Gérard Georges habite à Riom. Il a déjà une trentaine de livres à son actif, romans, nouvelles, littérature pour la jeunesse. 

LA VENDÉE, PLUS BELLE CONQUÊTE DU CHEVAL

japon vendée 338Depuis 33 ans, la famille Laporte élève des chevaux et forme des cavaliers dans son centre équestre de La Vendée. En selle !

A l’est de Riom, aux confins de la ville et de la Limagne, il existe un  lieu-dit appelé La Vendée. Le nom peut surprendre. Nous sommes loin du littoral atlantique. Pas la moindre voile de bateau, pas une plage en vue. Et pour tout dire, à cet endroit, l’air est assez peu iodé. Pourtant, ce nom n’est pas tombé là par hasard. Etymologiquement, il indique la présence régulière de vent. Un vent qui souffle de la plaine.

Jadis, La Vendée était une ferme. Un jour de 1983, son propriétaire la mit en vente, et Laurent et Françoise Laporte l’achetèrent pour y installer des chevaux, et développer, tant que faire se peut, un centre équestre. Quant à l’ancien propriétaire, son pécule en poche, et répondant peut-être à l’appel des cigales, il prit la direction d’Aix-en-Provence, où il ouvrit un bureau de tabac.

Les chevaux, Laurent Laporte en avait une parfaite connaissance au moment où il acheta La Vendée avec Françoise. Formé à l’équitation dans les années 60 à Fontainebleau puis à Barbizon, il avait déjà eu la responsabilité de plusieurs élevages de haut niveau, dont un à Thiers, avant de se poser à Riom.

Transformer et construire

Mais cette fois, il y avait tout à faire. D’abord, transformer les bâtiments : le fenil devint un bar et un restaurant. Construire des box et des manèges. Aménager des carrières et des paddocks. Tracer une piste de galop. Et peu à peu s’étendre, jusqu’à atteindre aujourd’hui les dix hectares de surface. Un voisin, Monsieur Constant, possédait un tracteur et avait un cœur gros comme ça. Il les aida, leur prêtant son tracteur et leur donnant son amitié.

En 2010, Emilie, la fille de Laurent et Françoise, succéda à ses parents, qui demeurent néanmoins toujours présents. Laurent, qu’une vocation aurait poussé à devenir paysagiste s’il n’avait croisé un jour un cheval, s’occupe des parterres de fleurs et des arbres, très nombreux à La Vendée. Et Françoise, pour laquelle l’heure de la retraite n’a pas encore sonné, est au four et au moulin, aux box et aux paddocks. C’est d’ailleurs elle qui nous accueillit un matin de juin, Emilie s’étant blessée la veille lors d’un concours. Rien de grave – une épaule froissée.

Françoise est très fière de sa fille, titulaire d’un BTS, d’un monitorat et d’un instructorat. Grâce à ce dernier diplôme, passé à Saumur, Emilie a fondé à La Vendée, voici trois ans, une section sport-étude, qui forme les jeunes cavaliers à la compétition de bon niveau. Mais comme toute mère, Françoise s’inquiète un peu : « S’occuper de tout ça, à son âge… Le centre à tenir, les concours à organiser, les nouvelles normes à mettre en place. Les temps ont changé… C’était quand même plus simple autrefois… »

Une ruche

Une activité de chaque instant règne dans le centre équestre, où se côtoient beaucoup de monde et de bêtes. Quinze poneys, cinq poulinières, dix chevaux de club et dix de compétition reçoivent de six personnes et de plusieurs stagiaires des soins quotidiens. On dirait une ruche. Une ruche dont les abeilles mesurent un mètre soixante au garrot. Des cavaliers brossent leur monture. D’autres leur donne la douche. Un tracteur va et vient avec de la paille au bout de la fourche. Des propriétaires garent leur voiture. Une quarantaine ont ici leurs chevaux à demeure.

Quelque peu étonné par ce que nous voyons, nous demandons à Françoise si la famille Laporte a le temps de prendre des vacances. « Bien sûr ! s’exclame-t-elle en riant. Nous les prenons avec nos chevaux. L’année dernière, nous sommes allés en Italie, à Sienne, pour un concours. Nous avons eu droit à une journée de repos ! C’est très beau, l’Italie… »

Rencontre et conclusion

Au détour d’une allée, Françoise nous présente Claudine Dozorme, dont le cheval est en pension à La Vendée. PDG de la coutellerie thiernoise de luxe Claude Dozorme, elle a redoré le blason d’une industrie mise à mal par la mondialisation. On a beaucoup parlé d’elle quand elle a reçu le prix de l’Auvergnat de l’année, en 2013. Laissons-lui le soin de conclure : « La Vendée est mon havre de paix, nous dit-elle. Je viens ici quand je peux m’échapper de mes obligations. C’est un lieu tellement agréable. On oublie tous les soucis, dans ce lieu merveilleux. Et voyez comme mon cheval s’y sent bien. »

Concours

La Vendée organise une dizaine de concours hippiques par an, dont certains de niveau national. En 2010, s’y est tenu le championnat de France. Des concours de niveau international s’y sont également déroulés. Mais les Laporte ont à présent renoncé à en accueillir. Les normes de sécurité exigées aujourd’hui engendrent des coûts exorbitants. La présence de quinze juges et arbitres est requise par les instances. Il faut payer tout ce petit monde en plus des frais d’organisation. Le montant global d’un concours international s’élève ainsi à 150 000 euros. Pour deux petites journées. Comme le dit Françoise Laporte, « une somme pareille ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval. »

PETITE SOCIOLOGIE DU POIL MASCULIN EN PAYS RIOMOIS

Ces dernières années, les hommes ont découvert qu’ils avaient des poils et qu’ils pouvaient faire des tas de trucs avec…

barber-bg.jpgLes adolescents et les jeunes hommes passent des heures chez le coiffeur, où ils sont pomponnés comme jamais. Quand la barbe leur vient avec l’âge, qu’elle se fait suffisamment drue pour être sculptée, ils se « hipsterisent », arborant des mines de ministres de la Troisième République. Et quand les poils les barbent, ils les rasent ou se font épiler comme madame, sourcils compris (et j’en passe).

L’homme est maintenant une femme comme une autre. Les marques de cosmétiques ont ouvert des lignes pour eux. Le marché se chiffre en milliards. Il s’achète des tonnes de crèmes masculines antirides, anti-âge, auto-bronzantes, etc., qui ont relégué le traditionnel après-rasage senteur musc ou marine au rang d’élixir moyenâgeux.

Riom n’échappe pas à ce phénomène de société. A son compte depuis 1997, Gregory, coiffeur pour hommes, a vu l’évolution des comportements. En l’espace de 20 ans, les hommes, jeunes et moins jeunes, ont adopté des pratiques de soins capillaires et pileux que l’on croyait être le propre des femmes. « Cela a commencé avec des joueurs de foot comme Beckham et Djibril Cissé. Les jeunes les ont imités. La téléréalité a aussi joué un rôle important. Il y a 10 ans, l’émission « Secret Story » a eu un impact incroyable. Aujourd’hui, c’est « Les Anges » et « Les Marseillais » qui ont pris le relais, qui sont les nouveaux prescripteurs de mode auprès des jeunes. Mais le phénomène était perceptible dès la fin des années 90, et déjà bien installé au début des années 2000. C’est d’ailleurs en 2003 que nous avons ouvert, mon épouse et moi, des salles de soins esthétiques à l’arrière du salon de coiffure, voyant qu’il existait une demande. Cette demande n’était pas très forte, mais elle était réelle. »

Des cheveux en bataille à la bataille des cheveux

En 2014, au moment de la Coupe du Monde de Football, nous avons vu fleurir sur le sommet des crânes de Griezman, Giroux et Debuchy des mèches énormes, ramenées en arrière et plaquées à grand coups de gel. Aussitôt, des foules de jeunes gens leur ont emboîté le pas, portant la même coupe (qu’on pourrait baptiser la coupe du monde). Il faut au coiffeur du temps pour l’élaborer, et au jeune homme encore plus de temps pour la remettre en place chaque matin devant son miroir –  tandis que les marchands de gel empochent les gains. « J’ai des jeunes clients, nous dit Gregory, qui ne vont pas à l’école s’ils n’ont plus de gel. Ils attendent l’ouverture des grandes surfaces, achètent leur pot de gel, se coiffent, et vont en cour avec une heure ou deux de retard. »

Il y a encore 20 ans, pareille coquetterie était inenvisageable. Les jeunes se rendaient à l’école avec les cheveux en bataille, même si cela ne leur plaisait guère. Aujourd’hui, le paraître prime sur toute autre considération. Les coiffeurs que nous avons rencontrés sont unanimes : beaucoup de jeunes gens ont un problème avec leur image. D’où la sorte de bataille qu’ils se livrent entre eux. C’est à celui qui aura la plus belle coupe. Miroir, mon beau miroir, suis-je toujours le plus beau en ce royaume ?...

Le poil, un problème… épineux

L’épilation est entrée dans les mœurs masculines. D’abord on traque le « mono-sourcil » et le sourcil broussailleux. Puis on descend d’un cran, et le torse est mis en coupe réglée. Chercher sur les plages un torse velu, c’est désormais l’histoire de l’aiguille dans la botte de foin. Les jambes, les aisselles et les bras sont pareillement devenus glabres. Plus un poil ne dépasse. Nulle part. Et le phénomène touche à présent des hommes de 40 et 50 ans, souvent envoyés chez l’esthéticien par leur femme pour arracher les poils qui s’échappent des narines ou des oreilles. Enfin, il y a l’épilation intime. C’est l’étape ultime. Comme si l’homme fuyait le singe qui est en lui (et sur sa peau). L’explication de cette quête effrénée du « sans poil » jusque dans les recoins les plus secrets du corps masculin se trouve peut-être dans la culture dite porno. Des sites internet tel que Youporn jouent à leur tour le rôle de prescripteurs. L’expression « à poil ! » a perdu tout son sens.

Le barbier de sa ville

Mais à considérer le phénomène « hipster », on se rend compte que le poil n’est pas totalement banni de la panoplie de l’homme moderne. A Riom comme ailleurs, la barbe connaît un grand succès. Elle est abondante, drue, taillée avec soin et entretenue comme un champ de tulipes. Du coup, le coupe-chou a fait sa réapparition chez les coiffeurs pour homme, lesquels précisent maintenant sur leur devanture qu’ils sont aussi barbiers.

Sébastien habite dans la région riomoise. Il a 40 ans. Toutes les 6 ou 7 semaines, il se rend au Barber Shop, dans la galerie commerciale de Riom Sud. C’est Elodie qui s’occupe de sa pilosité. Le rituel est invariable. Démêlage et mise en place de la barbe, mise en forme avec la tondeuse ou les ciseaux, puis serviette chaude sur le visage. Vient ensuite un léger massage avec une huile essentielle de girofle pour anesthésier la peau, avant d’appliquer le gel de rasage au blaireau et de raser la barbe au coupe-chou.

Sébastien apprécie ce moment. Mais pourquoi la barbe et pourquoi le barbier (en l’occurrence une barbière) ? « En me rasant peu souvent, dit-il, je m’abime moins la peau. Et puis j’ai de la chance, la barbe est à la mode actuellement. Quant au barbier, j’y suis venu parce que je voulais connaître l’expérience du coupe-chou. Et là je soupçonne que les westerns ont eu une certaine influence sur moi… »

Salon de coiffure pour hommes Gregory (barbier et salon d’esthétique pour hommes) : 35, rue du Commerce – Riom – 04 73 38 06 68

Barber Shop : Centre commercial Riom Sud – Ménétrol – 04 73 86 96 49

Coiffure Montmartre (c’est dans ce salon que des joueurs professionnels du Clermont-Foot se font coiffer) : 13, rue de l’Horloge – Riom – 04 73 33 87 79

Riom, l'objet du désir

L’objet publicitaire a plus d’un siècle. Comme les entreprises, les territoires et les villes l’utilisent pour promouvoir leur nom et leurs atouts. Riom l’a adopté depuis longtemps.

obj 1A la mairie de Riom, dans un bureau rattaché au service communication de la ville, Véronique Faure veille sur un trésor : les objets publicitaires de la ville de Riom. Il y en a des centaines, de toutes les tailles, de toutes les formes et pouvant remplir toutes sortes de fonctions, précieusement conservés dans des boîtes en carton. Tous portent le logo de la cité, et tous sont destinés à être offerts aux visiteurs de marques, aux nouveaux arrivants, aux associations ou encore lors de manifestations sportives ou festives. Les énumérer en totalité n’aurait aucun sens. Citons néanmoins les stylos (biodégradables ou luxueux et contenus dans un coffret), les petites lampes torches, les sacs en papier ou en nylon, les casquettes, les t-shirts, les boussoles, les crayons de couleur, les parapluies, les couteaux, les pin’s, les yoyos, les tongues, les presse-papiers (en lave émaillée) … et même les préservatifs (distribués dans le cadre d’une campagne anti-sida à laquelle Riom s’était associée).

La cuvée de Riom

objets v21 copieAu milieu des objets publicitaires qui font la promotion de la ville, il en est un très inattendu, mais particulièrement apprécié par ceux qui se le voient offrir ou qui le dégustent lors des réceptions données en mairie : le vin de Riom. Propriétaire de vignes sur les hauts de Madargue, la ville a chargé le vigneron Benoit Montel d’en tirer le meilleur des nectars. Le produit final est un AOC « Côtes d’Auvergne ». Les bouteilles portent le nom de Riom sur leurs étiquettes. On ne peut faire plus riomois que ce vin rouge ou rosé.

Objets des Archives

Les Archives municipales de Riom ont leurs propres objets publicitaires. Ceux-là ne sont pas offerts mais vendus à des prix bien modestes en comparaison du travail de conception et de réalisation qu’ils ont souvent nécessité. Associés aux expositions mise en place par le personnel des Archives, ils promeuvent les richesses culturelles de la ville. Voir la série des cartes postales portant sur le thème « Armoiries et familles de Riom » (2,40 € les 6), les Lettres Ornées (2,40 €) ou les affiches (2,00 €). A noter que les musées de Riom vendent aussi des livres relatifs à la ville et les superbes catalogues des expositions temporaires.

Office de Tourisme

Moins porté sur les objets, l’Office de Tourisme de Riom-Limagne regorge en revanche de plans urbains, de plans de randonnées, de livres sur l’histoire de la ville et de cartes postales qui colportent l’image de Riom à travers les six continents. Payants pour la plupart, ils sont très prisés par les touristes.

Les objets souvenirs vendus en commerce

Les boutiques de souvenirs, telles qu’il en existait autrefois, n’ont plus le vent en poupe, du moins sous nos latitudes. Des commerçants de Riom entretiennent toutefois cette tradition, revue et corrigée aux goûts du jour. Le Carré d’As, rue du Commerce, vend des stickers « Riom » ornés d’un cœur, un briquet « Riom » genre zippo, un thermomètre « Riom », des plaques de lave émaillée « Riom », etc. Ces objets prennent souvent la direction des pays étrangers, via les valises des Riomois voyageurs désireux d’offrir un souvenir à leurs hôtes. La Maison Floran, également rue du Commerce, vend des bols, des mugs, des dés à coudre « Riom ». La boutique Unik vend un bol « Riom » en céramique (made in France). Etc.

Le marché des objets publicitaires

En 2013, une étude demandée par la Fédération Française des Professionnels de la Communication par l'Objet a montré l’importance croissante de ce type de communication. Le marché de l’objet publicitaire représente un chiffre d’affaires annuel de 1,4 milliards d’euros. Les annonceurs y dépensent autant que dans l’affichage et plus que dans les radios FM. 99% des personnes interrogées dans le cadre de cette étude ont déclaré conserver pour eux-mêmes ou pour un tiers les objets qu’ils reçoivent. 81% se souviennent de la marque ou du nom de la ville associés au support. Il existe 50 000 types de supports différents, et 2500 entreprises travaillent dans ce secteur. Si 80% des objets publicitaires sont fabriqués en Asie, les Français plébiscitent ceux qui le sont en France, devant ceux qui présentent un caractère écologique (matériaux de recyclages, biodégradables, etc.)

DELPHINE BICHOFFE, LIBRE COMME UNE GAZELLE

A Saint-Bonnet-près-Riom, Delphine Bichoffe prépare son huitième Rallye Aïcha des Gazelles, un rallye africain unique au monde, car disputé sans GPS, par des équipages entièrement féminins.

E2Un rallye africain, dans le désert marocain qui plus est, n’est pas une promenade de santé, ni une promenade tout court. Il y a le sable, bien entendu, dont il faut débarrasser le 4x4 chaque soir au bivouac. Il entre dans l’habitacle par tous les interstices, s’attaque à la mécanique, rend la vie impossible. Il y a les animaux : des sympathiques, tels les dromadaires, les ânes sauvages, les lièvres ou les gazelles, et des moins sympathiques, tels les serpents et les scorpions. Ces derniers, attirés la nuit par la chaleur des corps, se glissent sous les toiles de tentes, qu’il vaut mieux secouer énergiquement le matin, sous peine d’avoir à cohabiter avec eux dans la voiture le reste de la journée.

Sans GPS

Il y a les embûches de la route. Route étant un mot inapproprié, nous parlerons plutôt de dunes, de pierres, de grosses pierres, de pistes cahoteuses et de chemins fantômes à travers des gorges étroites. Mais il faut quand même passer, et suivre un itinéraire précis pour relier le départ de l’étape à son arrivée. Avec une carte et une boussole pour tout viatique. Pas de GPS au rallye des Gazelles, seulement de la jugeote. On est des femmes ou on ne l’est pas !

Néanmoins, tout ça, c’est des broutilles, le menu-fretin de la course. Le morceau de choix est l’aventure humaine ; elle justifie à elle seule bien des inconforts et des sacrifices.

Delphine Bichoffe, qui prendra en mars 2016 le départ de son huitième Rallye Aïcha des Gazelles, s’amuse beaucoup de ces broutilles, même si, elle le reconnaît volontiers, elle a connu dans le désert des sueurs froides. D’ailleurs, quand on l’écoute, c’est à se demander si les véritables difficultés de la course ne sont pas les douze mois qui la précèdent.

30 000 euros de budget

Depuis Saint-Bonnet-près-Riom, où elle vit avec son compagnon, Olivier, elle prépare le rallye aidée par sa copilote Christine Hunka, qui, elle, habite en région parisienne. Il faut penser à tout tout le temps. Et d’abord, trouver des sponsors, pour rassembler les 30 000 euros de budgets, frais d’inscription inclus. Or, en août dernier, Delphine n’avait pas le moral. Les fonds étant maigres et les nouveaux sponsors ne se pressant pas au portillon, elle voyait s’éloigner la ligne de départ. Et puis les pneus BF Goodrich ont signé. « Gazou », surnom qu’elle a donné à son gros Toyota, sera chaussé de neuf et le budget est maintenant quasi bouclé. C’est reparti pour un tour. « Nous avons nos sponsors historiques, explique Delphine. Ils nous suivent depuis le début, comme Greentech, à Saint-Beauzire. Mais chaque année, il faut aller en chercher d’autres et ce n’est jamais gagné d’avance. »

P4010119Dans le cas de Delphine, la pêche au sponsor est facilitée par son métier. Responsable de la communication chez Overscan, une agence de com clermontoise, elle possède évidemment un réseau et un savoir-faire utiles. Autre léger avantage, son agence décore sa voiture, et la libère quinze jours au moment du rallye. Bon… Mais ce n’est pas son patron qui court, c’est elle !

Du dessert au désert et de Pépère à Gazou

Le Rallye Aïcha des Gazelles a fait irruption dans la vie de Delphine lors d’un dîner entre amis. A l’heure où les convives parlent d’avenir et rêvent tout haut devant leur dessert, elle lance à la cantonade qu’elle prendrait bien le départ dudit rallye. Une jeune femme la prend au mot et relève le défi. Banco. La jeune femme en question finalement renonce à quatre mois du départ, mais il est trop tard pour reculer et Delphine trouve une autre copilote, Laurence Fayet. Elle court avec Christine Hunka, rencontrée sur le rallye, depuis 2009.

Entre Delphine et les voitures, c’est une histoire d’amour. La première, un Land Rover Classic V8, avait reçu le surnom de « Pépère ». Pas un foudre, ce Land, mais un 4x4 solide, sur lequel elle a pu compter. Puis il y a eu une Jeep Wrangler, trois années de suite, suivie d’une Isuzu, modèle new D-Max, en 2013. Pour démontrer la haute fiabilité de sa production, la firme japonaise avait engagé trois voitures de série, non préparées. L’une d’elle était pilotée par Delphine, et une autre par Carole Montillet, la championne olympique de descente. Aucun des trois 4x4 n’a franchi la ligne d’arrivée à Essaouira. Un échec. Enfin, en 2014, Delphine a rencontré le Toyota KZJ 95, dit « gazou » (tout le contraire d’un tagazou) avec lequel elle va traverser le désert marocain pour la troisième année consécutive.

Un rallye vraiment pas comme les autres

Non content d’être entièrement féminin, le Rallye Aïcha des Gazelles se distingue également des autres raids africains par l’aide que sa caravane médicale, Cœur de Gazelles, apporte aux populations locales, et par le pointilleux respect qu’il manifeste à l’égard des paysages qu’il traverse. Cas unique dans les annales du sport automobile, il a reçu la norme environnementale « ISO 14001-2004 ». Si l’on ajoute à cela le fait qu’il se court sans l’appui du GPS, ce rallye est un OVNI. Le seul dispositif électronique embarqué à bord des 4x4 sont les balises Iritrack et Sarsat qui permettent à la direction de course et aux familles des concurrentes de suivre les déplacements des voitures en temps réels sur un simple ordinateur via Internet. Comme le dit Olivier, le compagnon de Delphine, « on se pose des questions quand le petit point sur l’écran s’immobilise, on s’inquiète quand il ne bouge plus depuis un quart d’heure… »

Road Book

Delphine et Christine courent sur un Toyota KZJ 95 de 2003, préparé à l’origine pour le « Dakar ». Elles embarquent chaque jour une malle de pièces de rechange, deux malles de vêtements, une malle de nourriture, deux pneus, plus deux tentes. Delphine assure la mécanique le soir au bivouac. L’arrivée de la course est fixée à Essaouira, au Maroc, pays où a lieu l’intégralité du rallye qui dure huit jours (4 étapes de un jour, deux de deux jours avec bivouac en plein désert). Pas de GPS. Une trentaine de sponsors financent Delphine et Christine. Elles courent pour les enfants malades de l’hôpital Necker, à Paris. Chérie FM Auvergne leur consacre un reportage quotidien pendant la course. Enfin, elles sont engagées dans la catégorie reine de l’épreuve, dite « experte », plus longue et plus difficiles que les autres. Elles visent ni plus ni moins le podium.   

CINÉMA

IL FAUT RETROUVER « RIOM LE BEAU »

Tourné en 1966 par l’un des meilleurs chefs opérateur français de tous les temps et commenté par Jacques Chancel, Riom le Beau, documentaire de dix minutes, a totalement disparu des écrans.

coutard garcenot guilbertRiom le Beau est un documentaire en noir et blanc tourné dans le courant du mois de septembre 1966. Il porte le numéro de visa ministériel 32.302. On y voit, selon la presse de l’époque, des intérieurs et des extérieurs des principaux monuments de Riom. La fiche technique du film indique en outre que l’Armée de l’Air a mis un avion à disposition pour des images aériennes. La musique originale a été composée et interprétée par l’organiste Serge Marion.

Long de dix minutes, Riom le Beau a été produit par la société « Paris Provence Films », laquelle a reçu le soutien d’Air-Inter, du Centre de Recherches Mauvernay et de la ville de Riom. Le Centre National de la Cinématographie lui a décerné une mention de qualité, et la direction culturelle du ministère des Affaires étrangères en aurait acquis les droits non commerciaux. Il a été projeté pour la première fois au cinéma le Rexy devant de nombreuses personnalités de la région et en présence du réalisateur.

Quatre anciens d’Indochine

L’équipe de tournage était principalement composée de Louis Guilbert, le réalisateur, de Raoul Coutard, le chef opérateur et de Jean Garcenot, le premier assistant. Ensemble, ils ont été correspondants de guerre en Indochine où ils se sont liés d’amitié. A ces trois anciens de l’Indochine, il faut en ajouter un quatrième, Jacques Chancel, qui a prêté sa voix pour le commentaire. Un exemplaire dactylographié du commentaire est conservé aux Archives municipales de Riom.

L’équipe de tournage était venue dans la capitale judiciaire pour réaliser deux films : Riom le Beau et Les Chroniqueurs. Ce dernier, une fiction, avait pour sujet le rôle de la presse dans les affaires de justice et pour cadre la cour d’Appel. Débuté le 17 septembre 1966, il n’a jamais été achevé. Nous ignorons pourquoi. Des images conservées à L’institut National de l’Audiovisuel et disponibles sur Internet montrent Danièle Gilbert, animatrice à l’ORTF de Clermont-Ferrand, interviewant Louis Guilbert et Raoul Coutard devant la cour d’Appel (voir les photos).

Coutard : deux Césars et un Oscar

Riom le Beau est un film important non seulement pour la ville de Riom, mais pour l’histoire du documentaire. En 1966, Raoul Coutard, le chef opérateur, a déjà signé les images de neuf films de Jean-Luc Godard (A bout de souffle, Le mépris, Pierrot le fou…) et celles de trois Truffaut (Tirez sur le pianiste, Jules et Jim et La peau douce). Coutard a été la coqueluche des réalisateurs de la Nouvelle Vague. Sa carrière a été longue et jalonnée de récompenses prestigieuses : deux Césars, un Oscar, etc. Quand il arrive à Riom, il vient de tourner La 317e section, de Pierre Schoendoerffer.

Jean Garcenot et Louis Guilbert ne sont pas non plus des débutants. Le premier a lui aussi travaillé avec Godard. Le second a été l’un des grands journalistes de l’agence de presse anglaise Reuters. Quant à Jacques Chancel, mort le 22 décembre 2014, nul besoin de le présenter. On peut néanmoins se reporter à son avant-dernier livre, La nuit attendra (Flammarion), où il évoque ses souvenirs d’Indochine et la figure de ses amis, Coutard et Guilbert.

La trace de Riom le Beau a été perdue depuis longtemps. Mais gageons que la pellicule attend quelque part, dans les combles d’une institution ou le grenier d’un particulier, d’être à nouveau projetée. Il faut retrouver Riom le Beau.

Si vous possédez des informations relatives à ce film, n’hésitez pas à nous joindre au 06 48 46 26 85. Nous remercions tout particulièrement Nicole Favard, des Archives municipales de Riom, à qui rien n’échappe. (En photo, de gauche à droite, Coutard, Garcenot et Guilbert)

Pesso, c’est le pied

Rencontre avec Jacques Pessaud, dit Pesso, dessinateur, humoriste, sculpteur, écrivain… et habitant d’Enval.

interview002-1Zorro signe d’un Z. Pesso signe d’un pied. Un pied de nez. Dans un monde où les noms s’affichent partout en lettres géantes, Pesso appose un petit pied, élégant et mignonet, au bas de ses dessins. Il est l’emblème de son goût pour la dérision, l’empreinte de son regard sur la vie.

Pesso voit le monde comme une pelote de paradoxes et d’absurdités, dont il tire les fils pour en révéler la nature. « Je m’amuse », ne cesse-t-il de dire. Même quand rire lui en coûte. C’est plus fort que lui.

Si Pesso était VRP, on dirait qu’il est multicarte. Il dessine, caricature, sculpte, écrit, calembourise, fabrique des objets drôlement étranges, et d’autres qui sont étrangement drôles … Il touche à tout. Ou plutôt, il donne à son imagination débordante – et l’adjectif est faible – les moyens de toucher à tout.

Avant de faire feu de tout bois dans les domaines de  l’humour et de l’art, Pesso était instituteur. Il a, entre autres lieux, enseigné à Riom. Peut-être faudrait-il analyser les zygomatiques des élèves qui ont appris la table de multiplication avec lui…

Histoires drôles et tâtonnements

pesso portraitA l’époque, il ne dessinait pas encore. Il racontait des histoires. Les drôles. Du genre : « Des cyclistes enterrent un compagnon de route. L’un d’eux dit : François serait fier de voir qu'il a tout le peloton derrière lui, pour une fois !... Un autre ajoute : Oui, surtout après avoir crevé… » Pesso en connaît des centaines.

En 1987, son père, victime d’un infarctus, entre dans une maison de repos, à Tours (ce n’est pas une histoire drôle). « Comme je ne pouvais pas lui rendre visite chaque week-end, dit Pesso, je lui adressai des lettres. Mais plutôt que de lui écrire mon cher papa…, je dessinais des saynètes pour égayer ses journées. C’était absolument abominable, mais c’est comme ça que j’ai débuté. »

De tâtonnements en coups de crayons maladroits, il a délié sa main ; peu à peu il a affiné sa technique, et enfin il a trouvé un style. Comme la vie, l’imagination se fraie toujours un chemin pour prendre forme.

Néanmoins, le dessin n’a pas suffi pas à contenir le jaillissement torrentiel de ses idées, et Pesso s’est diversifié, comme on dit en jargon de « managère ». Il écrit (des nouvelles, un roman non publié) et remplit son site internet de tout ce que le langage lui suggère d’absurde : « Que préférez-vous : une bonne cuite ou une servante crue ? »… « Faut-il enterrer les angles morts ? »… « Les trous noirs, c'est troublant ! » Etc.

Il sculpte. Avec un talent étonnant. Son jardin est une galerie d’art à ciel ouvert, où un vigneron lace sa chaussure et renverse le contenu de sa hotte sur sa tête ; où, sourire énigmatique et bras croisés, la Joconde fait de l’œil au visiteur. La Joconde en bas-relief. En volume ! Cherchez l’équivalent, vous ne le trouverez nulle part.

Sarko, Hollande, Mona Lisa… Bas-reliefs

pesso joconde 1Mona Lisa en bas-relief nous amène à dire deux mots des caricatures en chocolat de Sarkozy, Hollande et consorts, dont Pesso a réalisé les moules à l’occasion des dernières présidentielles pour La Boutique du Chocolat, à Riom. Là encore, vous ne trouverez l’équivalent nulle part. D’ailleurs, les caricatures en relief de Pesso, qu’elles soient en chocolat ou en plâtre, ont été déclarées uniques au monde par la FECO (Federation of Cartoonists Organizations). Oui, Madame !

Il faudrait un jour sans pain, une file d’attente au guichet de La Poste ou les jambes d’Adriana Karembeu, enfin un truc bien long, pour détailler tout ce qu’invente et crée Pesso. Notons, pour faire court, que l’un de ses livres a été préfacé par Jacques Mailhot (Ma Pauvre Jeanne, éd. ACVAM). Que son site (www.pesso.fr) est truffé de jeux de mots et de réflexions regroupés sous le terme de « pessotisier ». Que son garage est plein d’objets artistico-humoristiques prêts à être exposés. Qu’il caricature à tout va, même dans les salons de dessinateurs. Que ses dessins traitent de l’actualité (sans pitié). Et que – ça n’a rien à voir mais soulignons-le quand même – nous avons passé un drôle de moment et un moment très drôle en sa compagnie.

NUITS D’HÔTEL À RIOM

Pour survivre dans un marché dominé par les chaînes hôtelières, les hôteliers du centre-ville mettent l’accent sur la qualité de l’accueil.

hotels 092L’hôtel du Square donne sur le boulevard Desaix et le square Virlogeux. Au pied de la façade arts déco du bâtiment, la terrasse du bar est fleurie dès le printemps. Les clients y prennent leur petit déjeuner quand le temps le permet. La confiture qu’ils étalent sur leurs tartines, c’est Babeth qui la fait. Babeth est la patronne de l’hôtel depuis quinze ans. Elle mitonne également les repas pour les pensionnaires.

Babeth a débuté dans le métier à Deauville, au milieu des années soixante. Un métier qui a bien changé, dit-elle. Les chaînes hôtelières n’existaient pas. Les autoroutes bordées de leurs établissements non plus. Ni internet et les smartphones. Touristes et représentants de commerce logeaient principalement dans les hôtels de centre-ville. Les réservations se prenaient par téléphone. Chaque hôtel irriguait autour de lui tout un petit monde de commerces : boulangeries, épiceries, marchands de journaux, cafés… Un peu comme l’Hôtel du Square, encore aujourd’hui.

Ces dernières décennies, au moins quatre hôtels indépendants ont disparu de Riom, et avec eux l’ambiance et le flux qu’ils généraient. Trois seulement ont survécu : la Caravelle, le Square et le Pacifique. Ce dernier, qui arbore trois étoiles, est un peu excentré sur l’avenue de Paris. Ajoutons en un quatrième, pour faire bon poids : le Moulin des Gardelles, à Mozac.

Affaire familiale

Daliane et Michel Pouthiers ont acheté La Caravelle il y a six ans. Originaire des Charentes, ils ont passé trente années dans l’Oise avant de venir s’installer en Auvergne. Ils n’étaient pas du métier, mais ont vite appris, comme leurs deux enfants qui travaillent avec eux. En 2012 ils ont acquis le bar restaurant mitoyen de l’hôtel, le « Petit Pot ». Produits naturels et régionaux au menu. Comme chez Babeth, la terrasse est agrémentée de fleurs et de plantes.

Quand on rencontre Babeth, Daliane ou Michel, on se dit qu’ils ont un métier agréable. Ils reçoivent des voyageurs venant parfois de loin, riches d’anecdotes et d’histoires. La sympathie n’est en effet jamais très loin. Des liens privilégiés se tissent avec les habitués. Intarissable sur le sujet, Babeth ouvre devant nous son livre d’or. Elle en extrait des cartes postales que des clients lui adressent du bout du monde. Daliane et Michel ont pareillement le goût des autres. On devient rarement hôtelier par hasard.

hotels 050L’hôtellerie est néanmoins exigeante. C’est du « sept jours sur sept ». Un genre de sacerdoce. Dont la difficulté est renforcée par les tracasseries administratives en tous genres et les changements intempestifs de lois et de règlements auxquels il faut se plier quoi qu’il advienne. Dans la salle des petits déjeuners, Babeth a écrit sur une ardoise clouée au mur une phrase que Pompidou avait prononcée en 1966 alors qu’il était premier ministre : « Mais arrêtez donc d’emm… les Français ! Il y a beaucoup trop de lois, trop de règlements dans ce pays. » Les clients, généralement, acquiescent.

Une certaine idée de l’hôtellerie

Et puis les temps ont changé. La concurrence des chaînes n’est pas un vain mot, ni celle des nouvelles formes d’hôtellerie. Où un indépendant taille ses prix au plus juste, une chaîne les module à volonté, usant des promotions comme d’un filet à papillon dans lequel les clients tombent avec bonheur. On peut les comprendre. Ces chaînes multiplient en outre leurs établissements pour occuper le terrain, contrant de la sorte la concurrence. C’est la loi du marché.

hotels 132Les plateformes électroniques de réservation ont elles aussi bouleversé le paysage hôtelier. Daliane et Michel adhèrent à Contact Hôtel et à Booking.com, et s’en félicitent. Mais c’est un surcroit de travail auquel vient encore s’ajouter le  problème de la « e-réputation ». Ses effets peuvent être dévastateurs sur une petite entreprise.

Les clients fidèles de Babeth, Daliane et Michel n’ont que faire de cette « e-réputation », partageant avec eux une certaine idée de l’hôtellerie, et sans doute de la vie. Aux périphéries anonymes où s’empilent les hôtels, ils préfèrent le charme des centres-villes, une discussion chaleureuse au comptoir du bar, les croissants au beurre et la confiture « maison » au petit déjeuner.

Les hôtels de Riom

Ace Hôtel (chaîne régionale), Ibis, Ibis Budget, Campanile, Anémotel, B&B (le dernier à avoir ouvert), le Pacifique, le Square et la Caravelle. La ville reçoit beaucoup de clients de passage. Forte affluence pendant les week-ends de vacances. En 2013 a été fondé le Club Hôtelier « Auvergne Porte des Volcans » sous l’impulsion du sous-préfet et en partenariat avec la CCI. Il regroupe une vingtaine d’hôteliers qui « travaillent en synergie sur le territoire  Volvic-Châtel-Guyon-Riom Limagne-Combrailles » pour résister à la concurrence de Clermont. Le site internet de l’Office de Tourisme Riom-Limagne comprend une plateforme de pré-réservation.

LE SKATE, ÇA ÉLECTRISE

Le skate électrique déboule à Riom. N’accrochez pas vos ceintures, mais portez un casque. Et roulez petits bolides…

skate 389C’est à peine un feulement, le bruit d’une fermeture-éclair qu’on remonte ou d’une feuille qu’on déchire… et le skateur est déjà loin. Dans le vacarme de la circulation urbaine, on ne l’entend presque pas. Pourtant il file au rythme des voitures, s’arrête en même temps qu’elles aux feux rouges, et repart au vert sur les chapeaux de roues, dans ce bruit ténu mais si caractéristique des moteurs électriques combiné à celui des pneus sur le bitume.

La première fois qu’on en voit un, on est interloqué. « Je n’ai pas rêvé… C’est Marty McFly sur son hoverboard ! C’est Retour vers le Futur ! » Mais non, pas de cinéma, pas de SF. Juste un e-skateur dans les rues de Riom.

Généralement, souple et agile sur l’engin, c’est Joël Perez qu’on voit aux commandes. Il tient dans la main droite un genre de pistolet : la commande wifi du skate. Elle détermine la marche et l’arrêt, et entre les deux, la vitesse. Les courbes, les virages, il les prend en déportant son poids sur la planche, à la façon de n’importe quel skateur « non motorisé ».

Du ciel au sol

Joël Perez a passé une bonne partie de sa vie dans les airs. Parapentiste depuis 1989, il a été compétiteur et moniteur, en France et à l’étranger. Il a mis au point des prototypes pour les fabricants, et emmené dans l’azur, en biplace, des handicapés. A une époque, il s’est rapproché de l’ARJ (Association Riomoise pour la Jeunesse). Des gamins du coin ont appris à voler avec lui. Certains d’entre eux sont devenus moniteurs à leur tour.

Et puis il y a cinq ans, Joël Perez a découvert le skate électrique, une forme de glisse alors balbutiante. Les moteurs thermiques vissés sur les planches fumaient et gueulaient comme des locomotives. Les batteries des moteurs électriques étaient aussi lourdes que faibles. Pas idéal pour l’autonomie. Or c’est sans doute ce qui lui a plu, au-delà du plaisir que ces nouveaux engins lui procuraient déjà : prendre part à l’évolution d’une discipline encore en gestation, développer le matériel, se lancer dans une aventure inédite.

skate 386Batteries au lithium

L’arrivée des batteries au lithium a rapidement changé la donne. Aussi puissantes mais beaucoup plus légères que les batteries au plomb, elles ont accru l’autonomie des skates dans des proportions énormes. D’une poignée de quarts d’heure on est passé à deux heures trente, voire plus suivant l’ampérage-heure. De quoi repousser les horizons. Muni d’une batterie de rechange dans le sac à dos, on peut même envisager désormais des véritables périples. Joël aimerait rallier Arcachon depuis Riom, soit 450 km de route. Arcachon pour les huîtres, bien entendu ! Avis aux sponsors…

5000 km

Joël a parcouru 5000 km à Riom et autour, se forgeant par là même une solide expérience. Il a travaillé avec une première marque de skate, il travaille en ce moment avec une autre, s’occupant de développement et de commercialisation. Il met au point un kit-valise de recharge photovoltaïque, histoire d’augmenter encore l’autonomie du skateur.

Jamais à cours d’idée, il a inventé une variante : skate électrique et voile de parapente associés. Ou comment « rider » la montagne et la survoler en même temps. Des Riomois ont pu le voir pratiquer ce kite-surf d’un nouveau genre devant le Centre Régional de Tir à l’Arc.

Urban Project

Il a créé une association, Urban Project, qui rassemble une dizaine de skateurs « électriques » sur Riom. Initiation, pratique et perfectionnement sont les trois piliers de la formation. Celle-ci s’adresse aussi bien aux jeunes qu’aux adultes. Le souci permanent de sa propre sécurité et celui de la responsabilité de chacun envers les autres sont les deux impératifs requis de chacun des skateurs. Urban Project encadre en outre des sorties « free ride » en pleine nature pour les skateurs confirmés. L’association a prêté son concours aux deux dernières éditions des Pulsations Urbaines.

skate-electrique-cross-800Vers un skate de conception riomoise ?

La grande affaire du moment, c’est le partenariat qui unit Joël Pérez et Urban Project à une classe de bac pro du lycée Pierre-Joël-Bonté pour la conception de deux modèles de skates électriques, un « urbain » et un « tout-terrain ». C’est un bon sujet de travaux pratiques pour les élèves d’électronique et de mécanique. Ils n’en sont qu’au début. Mais pourquoi ne pas imaginer d’ores et déjà des skates de conception et de fabrication riomoises qui auraient ensuite à batailler sur un marché économique dominé par les Chinois. Le défi vaut d’être relevé, et le rêve d’être vécu.

skate 118Skate électrique mode d’emploi

Deux marques dominent le marché en France : Maverix et Evo-Skate. Maverix a attiré l’attention sur elle en accueillant Tony Parker dans son team VIP. Le basketteur prête à la marque son nom et son image.

Un skate coûte de 450 à 1000 € environ. L’écart de prix se fait principalement sur la batterie, plomb ou lithium (jusqu’à 20 Ampères-Heure pour cette dernière).

Comme la capacité des batteries, la puissance des moteurs est variable. Entraînement des roues par chaîne ou par courroie. Vitesses atteintes : de l’ordre de 40 km/h. Il est cependant possible d’aller plus vite : 50, 70 km/h.

La télécommande sans fil wifi comprend trois plages d’utilisation à l’intérieur desquelles le dosage de la vitesse est d’une grande précision. Freinage (avec effet ABS) en relâchant la détente de la télécommande.

La planche d’un skate, épaisse, résistante et équipée d’un grip, mesure de 110 à 120 cm.

Port du casque recommandé.

Nota : des professionnels commencent à s’équiper de skates électriques. C’est le cas d’un géomètre de Manzat qui s’en sert dans le cadre de son métier pour se déplacer sur le terrain.

100 1801 copie100% RIOM... 100% nouveau !

Le numéro 18 de 100% Riom sortira le 2 février prochain. Vous découvrirez alors un magazine entièrement nouveau. Son format, sa pagination et son look ont en effet changé : format "carré", 8 pages de rédactionnel supplémentaires et une mise en page plus aérée, faisant la part belle aux photos. Ne change pas en revanche le mode de distribution : 100% Riom est toujours livré dans les boîtes à lettres et chez les commerçants de Riom.

Bonne lecture.

Ciné-club

MESSIEURS CINEMA

Le ciné-club de Riom embarque pour une sixième saison. Coup de projecteur sur ses deux animateurs, Dominique Bonnet et Michel Bourrier, nos Messieurs Cinéma.

ciné club 050Interne au lycée du Puy-en-Velay, Dominique Bonnet poussa un jour la porte du ciné-club de la ville, histoire de respirer un peu l’air frais de la liberté. Il était en classe de seconde et la première année il assista aux séances, bien sagement assis dans son fauteuil. Mais l’année suivante, il présentait des films. Le cinoche était entré dans ses veines, il y coule encore à grands flots d’images.

Michel Bourrier n’a pas attendu le lycée pour manger de la pellicule au kilomètre. Il est tombé dans la marmite quand il était petit. C’est un genre d’Obélix, le tour de taille en moins, et le menhir qu’il porte sur son dos est une pile de westerns et de polars hollywoodiens en DVD, ces genres préférés.

Monsieur Technique et monsieur Histoire

Dominique Bonnet, qui se définit avec humour comme un « renoirien attardé », est le « monsieur technique », et sans doute aussi un peu « grammaire », comme on dit à la Fémis (*). Eclairage, échelle des plans, montage, contrechamp, travelling ou pano sont un échantillon des domaines cinématographiques dans lesquels il excelle, et qu’il rend accessibles et clairs au public qui vient aux séances du ciné-club de Riom le lundi soir au Lux. En cinq minutes de présentation, avant la projection du film, il démêle l’écheveau des images pour les spectateurs.

Michel Bourrier est le monsieur « histoire du cinéma », avec un petit et un grand h. Contexte, anecdotes, carrière du réalisateur, conditions du tournage, filmographie, enfin tout ce qui fait qu’un film a une vie propre, il l’expose, en cinq minutes également, le temps pour le lion de la Metro Goldwyn Mayer d’armer son rugissement.

Public cinéphile cherche bar ouvert le lundi soir

hommLes séances du ciné-club se déroulent donc de la façon suivante : un duo d’experts (tout le contraire des Experts de Manhattan) présente rapidement mais judicieusement le film avant sa projection, et si le public en éprouve le besoin, une discussion s’engage une fois le générique de fin déroulé. Ne manquent au fond que deux choses, dans ces soirées : qu’un bar soit ouvert non loin du Lux aux alentours de 23h les lundis soirs (ça donnerait plus de piquant aux discussions), et que des professionnels, des érudits ou des amateurs éclairés du cinéma apportent leur grain de sel avant ou après le film. Ce dernier point est en partie réglé : cette année, le photographe André Hébrard prendra part à une soirée cinéma asiatique, domaine qu’il connaît sur le bout des doigts ; un distributeur pourrait également venir un autre soir.

(*) Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son.

Programme 2014-2015

Dix films sont programmés cette année, soit environ un par mois. Les projections ont lieu le lundi soir, à 20h30, au cinéma Lux.

Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany’s) de Blake Edwards (USA - 1961) 1h55

8 septembre 2014

Sonate d’automne (Höstsonaten) d’ Ingmar Bergman (Suède-1978) 1h39

6 octobre 2014

Rêves d’or (La jaula de oro) de Diego Quemada-Diez (Mexique - 2013) 1h48

10 novembre 2013

La servante (Hanyo) de Kim Ki-Young (Corée du Sud-1960) 1h48

1er décembre 2014

Les voyages de Sullivan (Sullivan’s travels) de Preston Sturges (USA- 1941) 1h30

12 janvier 2015

L’argent de poche de François Truffaut (France - 1976) 1h45

23 février 2015

L’homme qui tua Liberty Valance (The man who shot Liberty Valance) de John Ford (USA - 1962) 2h02

23 mars 2015

Faces de John Cassavetes (USA - 1968) 2h10

27 avril 2015

Ouverture du 4ème festival des Irrépressibles

avec des courts-métrages de Max Linder et Charlie Chaplin

18 mai 2015

Le feu follet de Louis Malle (France - 1963) 1h48

8 juin 2015

 

GARDELLE - LE FACTEUR DE PIANOS SONNE TOUJOURS JUSTE

Les Steinway brillent comme des diamants noirs. Nous sommes à Auvergne Pianos, avenue George Gershwin, à Riom. Le facteur s’appelle Dominique Gardelle.

gardelleEn feuilletant le livre d’or d’Auvergne Pianos, le visiteur est saisi de vertige. Des dizaines de pianistes de dimension internationale y ont écrit chacun quelques lignes et apposé leur signature. Ils disent au maître des lieux, Dominique Gardelle, le plaisir qu’ils ont eu à collaborer avec lui, la confiance qu’ils lui accordent, et pour beaucoup leur affection. Ces pianistes se nomment Estrella, les sœurs Labèque, Duchâble, Engerrer, Amoyel, Bolling, Pludermacher, Rubalcaba…

Plus de 4000 concerts

Depuis près de quarante ans, Dominique Gardelle répare, restaure, accorde, loue et vend des pianos. Son CV ne tiendrait pas dans la page. Retenons néanmoins trois étapes de sa carrière. 1976, il s’installe à Riom. 1979, il loue ses premiers pianos à des organisateurs de concerts (plus de 4000 concerts à son actif à ce jour). 1989, il devient concessionnaire et « service concert » agréé de la prestigieuse maison Steinway, sur une zone géographique allant de Bourges à Brive et du Puy à Limoges.

480 KILOS, 144 000 €

Dominique Gardelle vit son métier comme un sacerdoce. Dans son atelier – il restaure en ce moment un vieux Pleyel – ou dans une salle de concert, il affiche toujours la même exigence, le même souci du travail bien fait, ne comptant ni ses heures ni ses week-ends. Il est vrai que le métier l’exige. Un Steinway grand queue de concert, piano de 2,74 mètres de long, se règle au dixième de millimètre. Son mécanisme est au moins aussi précis et délicat qu’un moteur de Ferrari. Une seule erreur et tout un concert peut virer au cauchemar musical. Ce piano long et fragile, incontestablement le meilleur du monde, il faut de plus le transporter de Riom à la salle de concert, où l’attendent souvent des marches à gravir, des couloirs à traverser, des portes à franchir. L’animal pèse 480 kilos… et coûte 144 000 euros ! Une seconde de relâchement serait fatale.

model-d-nyUn tour de clé au pianiste

Quand on évoque une vie de sacerdoce on imagine un homme au visage empreint d’une profonde gravité, portant la bure et braquant son regard sur les contrées divines. Tout le contraire de Dominique Gardelle. Sa conversation prend vite un tour humoristique. Ses anecdotes ont la saveur des instants vécus. Joignant le geste à la parole, il imite les pianistes, les bons comme les moins bons. « Les moins bons, dit-il, sont les pires. Avec eux, c’est toujours le piano qui joue mal. » De là à conclure que le tour de clé donné à l’instrument serait plus profitable au pianiste, il n’y a qu’un pas.

Un piano sur l'eau

Piano à Riom débute le 18 juin. Dominique Gardelle fournira les pianos, comme il le fait depuis 1987, année de la création de ce festival. Le grand queue de concert prendra place dans la salle Dumoulin. La routine… Pourtant, Dominique Gardelle ressent comme une pointe d’inquiétude. Cette année, pour les besoins d’un concert iconoclaste, l’un de ses pianos sera fixé sur une barge, laquelle flottera sur le grand bassin de la piscine Béatrice Hess. Aucune tempête à redouter, mais quand même…

Auvergne Pianos

Travaillent avec Dominique Gardelle son épouse, Laurent Villette son associé, et quatre techniciens.

Avenue George Gershwin, Riom – 04 73 38 15 77 – www.pianosgardelle.fr

FESTIVAL PIANO À RIOM

Du 18 juin au 5 juillet

PAR AP A5 copie28e édition de Piano à Riom. 9 lieux de concerts répartis sur Riom, Mozac et Ennezat. Du classique, du jazz et une scène off. Des pointures comme Anne Queffelec, Roger Muraro, Jean-Marc Luisada.

Renaud Merle a succédé cette année à Hubert Desjonquères à la tête du festival. Il a fixé le cap pour les années à venir : « attirer un nouveau public, plus large et plus jeune » en organisant notamment des concerts « dans des lieux insolites », comme la piscine ou la gare.  Programme complet, renseignements et réservations en ligne sur piano-a-riom.com. Téléphone : 04 73 33 36 12.

 

 

AMABASSADEURS ET MULTIMÉDIA, PASSERELLES ENTRE LES TOURISTES ET LE TERRITOIRE

En matière de promotion du territoire, l’Office de Tourisme de Riom Limagne a une longueur d’avance sur tout ce qui se fait en Auvergne aujourd’hui. Illustration.

pont cheix 1Pour établir le diagnostic numérique du territoire qu’il couvre, l’Office de Tourisme de Riom Limagne a interrogé 80 de ses adhérents, tous prestataires touristiques. Il ressort de cette enquête que ces différents prestataires sont plutôt bien équipés en matériel numérique et qu’ils ont conscience de l’importance du multimédia. Ainsi, une bonne moitié d’entre eux offrent un service wifi gratuit à leurs clients, beaucoup possèdent un site internet, et de plus en plus ont un site internet adapté à la consultation par téléphone mobile.

Soigner son e-réputation

En revanche, les réseaux sociaux représentent encore un écueil pour eux. Ces plateformes d’échanges demandent en effet de la réactivité, et donc du temps, ce dont ils disposent assez peu. Et les prestataires abonnés à un réseau social ne soignent pas suffisamment leur e-réputation. Soit ils ne perçoivent pas son importance, soit ils ne savent pas comment répondre à un commentaire laissé sur leur page Facebook ou autre par un client mécontent. Or, la e-réputation décide du choix final. L’internaute consulte désormais les commentaires des autres internautes autant que le détail et le prix des prestations proposées.

Fort de ces constats, l’office de tourisme Riom Limagne s’est donné une nouvelle mission : aider ses adhérents à mieux appréhender le multimédia en général, et les réseaux sociaux en particulier, en leur proposant des ateliers d’accompagnement.

Si t’as un smartphone, scanne le QR code

restoLaCroixdeFerAprès les prestataires, les touristes. Pour satisfaire les nouvelles mœurs numériques, l’Office de Tourisme propose des prestations inédites. Des lieux emblématiques de Maringues sont déjà équipés de QR codes. Scannés au moyen d’un smartphone, ces QR codes donnent accès à des informations sur les lieux en question. Le même dispositif entrera bientôt en service à Ennezat et Mozac. Ici, smartphones et QR codes remplacent le dépliant et le guide.

Un site internet dédié aux mobiles et aux tablettes sera mis en ligne par l’Office de Tourisme l’été prochain. Comme la plateforme Auvergne Travel dont il s’inspire, il comprend un système de géolocalisation.

Des ambassadeurs… humains

Plus les touristes – et avec eux l’économie touristique – s’engouffrent dans le multimédia, plus ils veulent de l’authenticité, du vrai, en un mot de l’humain. C’est un paradoxe typiquement moderne. La dématérialisation décuple la nostalgie du réel. Lorsqu’il visite le site internet de l’Office de Tourisme, le touriste veut voir et entendre les gens du pays lui parler… du pays. Depuis deux ans, l’humain est représenté en Riom Limagne par 80 ambassadeurs de territoire, uniques en leur genre en Auvergne. Hôteliers, restaurateurs, artistes, artisans, commerçants ou chefs d’entreprise, ces ambassadeurs font la promotion du territoire auprès de leur clientèle et sur internet, et se prêtent au jeu des campagnes de com’ (« J’aime ma Limagne »). Au travers d’ateliers, de visites et de conseils, l’Office de Tourisme enrichit leur connaissance de la région, et affine leurs talents d’ambassadeurs.

Pour plus de renseignements relatifs au numérique touristique en Riom Limagne ou si vous souhaitez devenir ambassadeur de territoire, contactez l’Office de Tourisme au 04 73 38 59 45  (www.tourisme-riomlimagne.fr).

DES CHIFFRES CLAIRS ET « NET »

BelinHuit touristes sur dix préparent leurs vacances en surfant sur internet. Un sur trois achète son séjour en ligne. Début 2013, 40% des touristes et 60% des voyageurs d’affaires ont utilisé leur mobile pour leurs recherches de voyages. Le développement du m-tourisme, branche « mobile » du e-tourisme, est largement favorisé par le nombre de smartphones en service en France, plus de 24 millions selon la Mobile Marketing Association France. Entre 2012 et 2013, le site de l’Office de Tourisme de Riom-Limagne a enregistré une hausse de fréquentation par des personnes munies de téléphones mobiles de 200%, soit 11 294 visites contre 3783. Au cours de la même période, sa fréquentation globale a augmenté de 41,8%, passant de 42 700 visites à 73 361.

 

 

CARREFOUR ET LECLERC EN MODE DRIVE

Les deux hypers du bassin riomois ont lancé leurs drives à un an d’intervalle, se positionnant chacun sur un marché encore jeune mais promis à un bel avenir.

Les courses, c’est désormais simple comme un clic. Installé devant votre ordinateur, vous remplissez votre caddy virtuel de légumes réels, de surgelés concrets, de boissons certaines et de viande authentique. Après quoi vous allez au drive, où les articles que vous avez commandés via internet sont déposés dans le coffre de votre voiture par un employé de Carrefour ou de Leclerc. Vous n’avez rien eu à faire, sinon payer. Mais là encore, agréable surprise : le service « drive » ne vous a pas coûté un cent. Les prix sont les mêmes qu’en magasin.

Picking à Carrefour

drives 039Le drive de Carrefour, à Ménétrol, a ouvert en juin  2012. Il fonctionne suivant le principe du « picking ». 12 employés collectent les articles dans les rayons de l’hypermarché, et les acheminent ensuite à l’arrière du bâtiment dans un local de stockage provisoire équipé de racks, de chambres froides et d’armoires de congélation. Entre le moment où le client a passé sa commande sur internet et celui où il la retire sur le quai de retrait, il s’écoule un délai minimum de 2 heures. Le retrait en lui-même dure cinq minutes à peine, le temps nécessaire de garer la voiture sur le quai, de valider la commande, de charger le coffre et de payer.

Environ 100 clients fréquentent le drive de Carrefour chaque jour, chiffre en progression régulière. Les uns y font les courses de la semaine, d’autres n’y achètent que du frais ou du sec. Détail cocasse qui traduit les mœurs locales : les achats de boissons, packs de bière et autres, montent en flèche dans les heures qui précèdent les matchs de l’ASM.

Contrairement à l’hypermarché, où 80% de la clientèle est féminine, le drive voit autant d’hommes que de femmes. Une étonnante parité se constate également au plan des tranches d’âge. Les familles nombreuses viennent les veilles de week-end et le samedi matin. En semaine, les heures d’affluence correspondent fort logiquement à la sortie du travail – milieu de journée et début de soirée.

Le drive autonome de Leclerc

drives 025A l’autre bout de Riom, dans l’Espace Mozac, Leclerc a opté pour un drive autonome implanté à 200 mètres de l’hypermarché. Ouvert depuis le 3 juillet 2013, il occupe une surface de 2900 m2, emploie 24 personnes et propose 6200 références à sa clientèle. 8 carrousels automatiques gèrent 3000 de ces références et traitent jusqu’à 32 commandes simultanément.

Leclerc a investi 3 millions d’euros dans son drive. Alors que l’étude de marché prévoyait un premier exercice annuel aux alentours de 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaire, on se dirige plus vraisemblablement vers 8 millions. Une réussite. Les 10 pistes du quai de retrait reçoivent 350 véhicules par jour en moyenne – c’est autant de commandes livrées, bien entendu. A la fin de l’été, le drive a été submergé par le retour des aoûtiens dont les frigos et les placards étaient vides. Il ne se laissera pas surprendre l’été prochain. C’est l’apprentissage d’un nouveau type de commerce.

Confort d’achat… et confort de vente

Lorsqu’on discute avec les clients des drives de Carrefour et de Leclerc, on constate que le principal satisfecit qu’ils décernent à ces magasins d’un nouveau genre est le confort d’achat. « Nous avons deux enfants en bas âge, dit un jeune père de famille. Ma femme est restée à la maison pour les garder. Je fais le plein de couches et de petits pots, et dans 5 minutes je serai rentré. Pas besoin de passer une demi-heure dans les rayons. C’est du stress et de la fatigue en moins, surtout après une journée de travail. »

Côté drive, il faudrait plutôt parler de confort de vente. En l’absence de stress, les clients ont renoué avec une courtoisie que d’aucuns croyaient perdue à jamais. Les employés apprécient. Bonjour, merci, au revoir, bonne soirée renaissent dans les bouches grâce à l’e-commerce. Ce n’est pas le moindre des paradoxes.

Merci à Jean-Luc Bayrand, directeur de Carrefour, et à Mickaël Mouzin, directeur général de Leclerc.

courses.carrefour.fr

www.leclercdrive.fr

GRANDE OU PETITE, LA CULTURE EST TOUJOURS DE SAISON

Riom et Ménétrol : deux communes, deux budgets, deux façons d’imaginer et de mettre en place une saison culturelle.

 chaise-pliante-de-jardin-parc 910057 01Riom et Ménétrol ne jouent pas dans la même cour, ni dans le même jardin, d’ailleurs. Leurs saisons culturelles sont proportionnées à leur taille, à leurs infrastructures et aux moyens financiers dont elles disposent, indépendamment de toute volonté politique.

Concentrée sur une semaine, la saison culturelle de Ménétrol,  « Itinéraire d’une chaise pliante », a des airs de festival. Sa grande originalité tient dans le fait que les spectacles sont joués chez l’habitant, faute de salle adaptée, et que cet habitant contribue pleinement à la programmation et à l’organisation de ladite saison. Le budget d’« Itinéraire d’une chaise pliante » est de 8000 €.

Avec ses deux salles, son espace public et son patrimoine architectural, Riom a opté pour deux saisons, « Accès Soirs » l’hiver et « Eclats de Fête » l’été. Labellisée Scène régionale depuis 2004, la ville soutient la jeune création et accueille des artistes en résidence. Six personnes travaillent au montage de ces deux saisons. Le budget d’ « Accès Soirs » s’élève à 200 000 € et celui d’ « Eclats de Fête » à 90 000 €.

Riom, un référent en matière de jeune création

En 2002, lorsque Jean-Pierre Louis se vit confier par la ville de Riom la programmation des spectacles, sa première tâche consista à mettre en place une saison d’été. « L’idée était d’utiliser les rues, les places, le patrimoine, et d’y croiser les publics, dit-il. Ça fonctionne puisque ce public vient de l’ensemble de la communauté de communes aujourd’hui. Nous voulions en outre glisser au milieu de spectacles accessibles à tous des touches de création artistique. L’été prochain, par exemple, une grosse compagnie présentera un spectacle sur Jaurès. Nous aurons aussi une déambulation autour du chanteur de Zebda, Magyd Cherfi. La saison d’été est pluridisciplinaire, comme la saison d’hiver, Accès Soirs. »

Accès Soirs est une belle réussite. Le nombre d’abonnés augmente régulièrement (600 cette année). Le public des 16-25 ans représente 37% des entrées. Les spectacles proposés oscillent entre théâtre, cirque, danse et un peu de chanson (le duo Djian et Eicher, Arno…).

Scène régionale (il en existe 7 en Auvergne), Riom a un cahier des charges précis. « Nous devons, contractuellement, être un référent en terme de création et d’accompagnement des jeunes artistes résidant en Auvergne, explique Jean-Pierre Louis. Il est important de les mettre en avant car ils ont du mal à s’exporter. C’est un problème propre à l’Auvergne, où la médiation culturelle et le réseau des programmateurs ne sont pas structurés comme en Rhône-Alpes ou dans le Limousin. »

Jean-Pierre Louis court les salles et les festivals à la recherche de spectacles susceptibles d’étonner le public riomois qu’il connaît bien. La perle rare une fois trouvée, commence pour lui et son équipe un exercice complexe : faire coïncider trois plannings, celui des artistes, celui de Riom et celui des autres villes où ces artistes se produisent. Mieux vaut en effet qu’une troupe en tournée avance par sauts de puces suivant un itinéraire logique. Il en va notamment des frais de transport.

Petits spectacles, grandes rencontres

Faute de salle adaptée, et parce qu’il serait idiot de vouloir rivaliser avec Riom, Ménétrol s’est engagée dans une aventure originale, « Itinéraire d’une chaise pliante ». « Pendant une semaine, explique Alain Vassort, le 1er adjoint de la commune, des habitants reçoivent des spectacles chez eux. Le public, c’est le voisinage et les amis. Une commission extra-municipale constituée d’une vingtaine de bénévoles repère et choisit les artistes. Les habitants sont donc les programmateurs. Il n’y a pas de billetterie, la commune prend les frais en charge. Entre 12 et 14 spectacles sont ainsi joués chaque année à l’automne. 500 personnes y assistent. » Les artistes (conteurs, chanteurs, comédiens, musiciens…) se produisent dans un dépouillement technique presque total, au milieu d’un salon dont les meubles ont été poussés, ou dans un garage. Grâce à eux, des gens qui ne se côtoyaient plus ont renoué des liens. « Nous ne sommes pas dans la diffusion culturelle, poursuit Alain Vassort, on aide les habitants à fabriquer de la culture et à tisser des liens entre eux. » Cette année, Ménétrol accueille en résidence la compagnie Zarina Khan. Elle présentera un spectacle co-créé avec les Mitrodaires lors de la prochaine édition d’ « Itinéraire d’une chaise pliante » (mi-octobre 2014).

La culture, un géant économique

Selon une étude du cabinet EY, le secteur des industries culturelles et créatives réalise un chiffre d’affaires de 61,4 milliards d’euros. Il est supérieur à celui de l’automobile (60,4) et à celui du luxe (52,5). Les industries culturelles et créatives emploient 1,2 millions de personnes. Chaque euro investit dans ce secteur rapporte un euro.

UN SECRET BIEN GARDÉ

Découvrez le « secret », et faites parvenir votre réponse par courrier à L’Imprimeur.com – 80, avenue Jean Jaurès – 63200 Mozac ou par mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..">Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. La réponse et le nom du gagnant seront donnés dans le prochain numéro de 100% Riom qui paraîtra en mai 2014. Un «  secret » est à découvrir dans chaque numéro.

LA FILLE DU COUPEUR DE TÊTES

affiche benevolFrancesco Benevole, dit « Benevol », fut l’un des plus grands illusionnistes de la première partie du XXe siècle. D’origine italienne, issu d’une famille d’artistes ambulants, il créa des tours spectaculaires, qui remplissaient d’effroi les foules avides d’émotions fortes. L’un de ses tours lui valut une gloire quasi universelle : le coupeur de tête. Un complice montait sur scène, posait sa tête sur un billot, et Benevol, déguisé en bourreau, abattait une hache immense sur le cou du supposé malheureux, dans un simulacre d’exécution. La tête roulait sur le sol, le public poussait des cris d’épouvante. Naturalisé français en 1927, Benevol mourut en 1939 à l’âge de 74 ans. Sa fille, Marie, elle-même artiste de scène, l’assista longtemps. Lorsqu’en 1940, comme beaucoup de Français, elle fut contrainte à l’exode, elle fit halte dans une commune de Riom Communauté, où elle demeura jusqu’à sa mort, en 1987. Qu’elle est le nom de cette commune ?

 

LA HALLE, INDISPENSABLE À LA VIE DE LA CITÉ

intérieur halleLes travaux de rénovation de la halle ont débuté le 14 octobre 2013 comme prévu, et comme prévu ils ont eu peu d’effet sur le bon déroulement du marché, les entreprises en charge du chantier intervenant en semaine et faisant place nette pour le samedi.

Des marchands ont été déplacés, d’autres le seront, mais afin de les trouver facilement, un plan situé à l’entrée du bâtiment informe les visiteurs de leur nouvel et provisoire emplacement. Et toujours dans un souci d’information, des animatrices se tiennent à la disposition du public pour répondre à ses questions chaque samedi matin pendant les heures d’ouverture du marché (7h – 13h).

Pour les personnes dites « à mobilité réduite », l’accès se fait par l’entrée de la Maison des Associations, boulevard de la Liberté, et par l’ascenseur intérieur qui débouche directement dans la halle. L’arrêt de bus le plus proche, « Bel Horizon – Marinette Menu », donne sur le boulevard de la République.

Des bons d’achat de 40 € à gagner chaque samedi matin

Pendant les travaux, l’association des commerçants
« Samedi matin », l’Association pour la Promotion de Riom et son territoire, ainsi que Riom Communauté organisent une tombola tous les jours de marché. Prix à gagner : des bons d’achat d’une valeur de 40 € (8 bons de 5 €) à dépenser sous la halle. Les bulletins de participation sont à retirer auprès des commerçants de la halle et à déposer ensuite, avant 12h, dans une urne prévue à cet effet. Le tirage au sort a lieu à la fin du marché. Le gagnant désigné récupère ses bons d’achat le samedi suivant.

Lumineuse et accessible

Les travaux se déroulent en 4 phases. D’abord le parvis, les rampes latérales extérieures et les sols de l’espace central intérieur ; puis l’aile du bâtiment située à gauche de l’entrée principale ; ensuite l’aile située à sa droite ; et enfin la partie nord qui donne sur le boulevard de la Liberté. Au terme de cette dernière phase, nous serons en juin 2014, date de livraison du chantier. A ce moment, la halle aura gagné en beauté, en luminosité et en confort. L’accessibilité en sera accrue pour les visiteurs, et les commerçants disposeront d’un outil plus pratique, répondant en outre aux normes d’hygiène et de sécurité incendie désormais en vigueur. Pour rappel, plus de 80 commerçants et producteurs travaillent sous la halle le samedi matin, et 200 000 personnes la fréquentent chaque année. À noter : les travaux font l’objet d’un tournage par les membres de la section cinéma de l’Amicale Laïque. Leur film sera présenté lors de l’inauguration. (Photo André Hébrard)

 

ALLEZ LES PETITS ! (Suite…)

En 1976, le Rugby Club Riomois disputait la finale du championnat de France de deuxième division, après s’être hissé dans le groupe B de la première division. Le stade de la Varenne en vibre encore.

RCR 7 orléansTroisième à la trêve

Dès le dimanche suivant, Voiron est puni. Une semaine plus tard, les PTT de Lyon mangent la poussière. Après un intermède de plusieurs matchs pour cause de Challenge du Sud-Est, le SA Lyon prend une correction (43-9). Lancey glisse un grain de sable dans la chaussure riomoise en gagnant 12 à 6, mais le grain disparaît aussitôt contre Bédarrides à la Varenne : 32 à 6. Et malgré une défaite contre Vizille, Riom termine les matchs aller à la troisième place. Inespéré mais logique.

On ne s’emballe pas !

Reste qu’une saison dure 9 mois. « On ne s’emballe pas ! » rappellent à ceux qui se voient déjà en phases finales ceux qui s’y voient aussi mais n’osent pas le dire de peur d’attirer le mauvais œil. On ne s’emballe pas, donc, mais l’attelage riomois conduit par Pierre Maigrain ne craint plus rien n’y personne. Il assure d’abord son maintien, puis se qualifie pour ces fameuses phases finales, après un match couperet contre Lancey.

RCR 6Les Charentais dans leurs petits chaussons

Les 16e de finale ont lieu à Sarlat le 14 mars. Une formalité. Les Charentais de Surgères, dans leurs petits chaussons, ne font pas le poids : 28 à 8. Se profile alors une montagne, dont il serait bien bête de ne pas atteindre le sommet. Du match suivant dépend en effet la montée du RCR en première division. La victoire et la gloire, ou la défaite et pas de fête. En face, sur le terrain d’Orléans, les PTT d’Arras opposent un pack énorme. Les Riomois le plient, le tordent et le pulvérisent. 18 à 0. Champagne ! La batterie-fanfare de Mozac, fidèle supportrice, joue à s’en faire péter l’hélicon. La presse locale adopte le « Couderc » comme langue officielle. Un vent de force 10 souffle dans les bars de Riom.

Laurent Pardo ne peut rien

Désormais supporté par toute une région, le RCR met le cap sur les quarts de finale. Le match est programmé le 11 avril à Sarlat, un terrain que les Riomois connaissent bien pour y avoir mangé Surgères un mois plus tôt. Sauf que le morceau proposé cette fois pourrait bien être un os. Hendaye est une équipe redoutable. Dans ses rangs un jeune joueur fait des merveilles, il s’appelle Laurent Pardo. Des merveilles, ce joueur en fera bien d’autres avec l’Equipe de France, remportant notamment le grand Chelem en 1981. Mais contre le Riom de 1976, son talent ne suffit pas : 19 à 15.

RCR 550% de chance

Les demi-finales opposent Riom à Tarascon sur le terrain de Figeac le 2 mai. 3000 spectateurs ont pris place dans les tribunes où fleurissent des banderoles « Riom en finale ! » Les joueurs de Pierre Maigrain se donnent 50% de chance. Ils ouvrent le score sur pénalité dès la 2e minute. Les Ariègeois répliquent 10 minutes plus tard par un essai. Thuel redonne l’avantage à Riom après une percée éblouissante de Faure. Le match est splendide malgré la chaleur étouffante et la pelouse clairsemée. Tarascon réussit deux pénalités, mais un dernier essai de l’ailier Chaffrais ouvre les portes de la légende au RCR (16-10). La batterie-fanfare de Mozac n’a plus d’hélicon.

Comme Cyrano, le panache…

La suite est une finale perdue à Aurillac contre Rodez, l’abominable épouvantail de la deuxième division, déjà sacré champion de France en 1970. Un train spécial de supporter a été affrété. 8000 spectateurs assistent au match. L’Harmonie municipale de Riom a fait le déplacement. On y croit. Les Riomois emballent la partie et jouent avec un panache digne de Cyrano. Complets dans toutes les lignes, les Ruthénois leur opposent un métier insolent. Les points défilent, la victoire s’envole. 23 à 7. Ni honte ni regrets. Le retour à Riom sera dument arrosé. En cette année 76 qui vit une sécheresse mémorable s’abattre sur le pays, c’était bien le moins !

Remerciements à Yves Manière pour son accueil, ses photos et ses informations. Remerciements à Pascal et Françoise Fernandez pour leur précieuse documentation.

 

ALLEZ LES PETITS !

En 1976, le Rugby Club Riomois disputait la finale du championnat de France de deuxième division, après s’être hissé dans le groupe B de la première division. Le stade de la Varenne en vibre encore. (Ci-dessous, la première partie de l'article paru dans le n°13 de 100% Riom)

RCR 2En ce temps-là, on parlait le Couderc et l’Albaladejo. « Un coup de pied de mammouth » propulsait le ballon sur 80 mètres. Pour préserver la victoire, une équipe acculée sur sa ligne « mettait les barbelés », partant du principe que, quoi qu’il advienne, « c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses ». Ancré dans les terroirs, le rugby avait toujours des airs de fête au village. Même quand le village s’appelait Narbonne ou Bézier. Sur le terrain, le tableau noir ne dictait pas sa loi d’airain. Pour percer les lignes, on s’en remettait plutôt à l’imagination des ouvreurs et des trois-quarts. Quant aux joueurs de 110 kg, ils ne couraient pas à des vitesses « Usain-Boltesques ». Ils avaient du ventre, signe que les confits ne traînaient pas dans les marmites.

C’est dans ce contexte bon enfant et chaleureux d’un rugby aujourd’hui disparu que le Rugby Club Riomois accéda en 1976 au groupe B de la première division et disputa la finale du championnat de France de deuxième division. Une saison de rêve que le club et ses supporters furent pourtant à deux doigts de ne pas connaître.

Ne pas faire le yoyo

1974-1975. Le RCR vient de monter en deuxième division. Pour ne pas faire le yoyo, il restructure son bureau et renforce l’équipe. Gomez, international junior, arrive de Vichy. Il jouera à l’ouverture avec Thévenet. En provenance de l’ASM, Amblard sera le nouveau pilier gauche, et Cazassus, de l’US Nivernaise, un excellent deuxième ligne. 18 joueurs rejoignent ainsi le RCR, contre seulement 7 qui le quittent.

Enfer et paradis

L’équipe brille lors des matchs préparatoires, mais s’éteint dès l’entame du championnat. Elle a beau rallumer la flamme au printemps, elle ne peut éviter la descente en troisième division. Le bouillon est amer. Un coup de théâtre va pourtant lui donner une autre saveur. A l’issue des poules, la Fédération change subitement son fusil d’épaule, et la formule du championnat par la même occasion. Les clubs concernés par la descente seront maintenus dans le but de grossir les effectifs du haut niveau ! De l’Enfer au Paradis…

RCR 4 gomez thévenetRiom repart au mastic

Quand débute la saison 1975-1976, le RCR ne repart pas d’une feuille blanche. Une équipe existe. Des liens solides unissent les joueurs. Ils ont du talent et l’entière confiance de leur entraîneur, Pierre Maigrain. Seule l’expérience leur a fait défaut. On prend donc les mêmes et on repart au mastic. 11 joueurs les rejoignent néanmoins à l’intersaison, parmi lesquels 4 Montferrandais, Vinzio de Billom et Rabouteau de Gerzat. Les dirigeants visent un objectif raisonnable : le maintien.

Ça commence mal

Riom est versé dans la poule V, aux côtés de Bédarrides, de Lancey, du Stade Clermontois, de Voiron, de Vizille et de deux clubs lyonnais, le SA et les PTT. Au moment de croiser le fer avec le Stade, l’équipe semble avoir déjà trouvé le bon régime. Le match se joue à Clermont le 21 septembre. Le troisième ligne Yves Manière, dit « Vivi », sort sur une civière, tandis qu’un stadiste finit le match à l’Hôtel-Dieu, en observation. 17-12 pour le Stade. Ça commence mal. Le spectre de la saison précédente promène son mufle dans les vestiaires. Pas pour longtemps.

A suivre...

 

 

HALLE DE RIOM

PENDANT LES TRAVAUX LE MARCHE CONTINUE

pers halle de riom v3C’est un défi : la rénovation de la Halle qui débutera en octobre et se terminera neuf mois plus tard n’empêchera pas le marché d’avoir lieu normalement chaque samedi matin, malgré les travaux. Secrets de rénovation…

Riom est le plus grand marché couvert du Puy-de-Dôme. Chaque année, 200 000 clients s’arrêtent devant les étals des 80 marchands qui prennent place sous la Halle le samedi matin. Nombre de ces marchands réalisent une bonne partie de leur chiffre d’affaire en ce lieu et ce jour-là. Au regard de ces chiffres il était donc évident que le chantier de rénovation de la Halle ne devait nuire à aucun moment à l’activité commerciale, et encore moins l’interrompre.

Mais comment rénover sans chasser les marchands de la Halle ? En réglant un simple problème d’organisation. Les ouvriers travailleront du lundi au jeudi, et le vendredi, veille du marché, une équipe de nettoyeurs fera place nette. C’est à peine si quelques marchands devront changer d’emplacement de temps à autre.

DES REMISES AUX NORMES

Le chantier durera 9 mois et portera en premier lieu sur la remise aux normes du bâtiment, dans les domaines de l’hygiène, de la sécurité incendie et de l’accessibilité. Des rampes d’accès pour les personnes dites « à mobilité réduite » remplaceront les quais encore attenants aux façades latérales. Ces rampes serviront en outre aux marchands et aux clients, les uns y faisant rouler leurs diables et les autres leur caddies.

DE LA LUMIÉRE

Les casquettes en béton qui surplombent les quais disparaitront avec eux, et la lumière qu’elles retenaient à l’extérieur pénétrera à nouveau dans la Halle par les nombreuses ouvertures du bâtiment. La lumière trouvera aussi son chemin à travers le toit-terrasse de la Maison des Association et le pignon nord donnant sur le boulevard de la Liberté.

UN PLAFOND ACOUSTIQUE

perspective intérieure Au sud, le parvis de l’entrée principale sera agrandi, de même que le perron. Des nouvelles menuiseries extérieures remplaceront les anciennes, tandis qu’à l’intérieur les dallages en béton seront refaits, tout comme les cases des marchands, les réseaux d’eaux et d’éclairage, les enduits, etc. Enfin, en réorganisant le carreau central et en le couvrant d’un plafond acoustique, la Halle deviendra un lieu d’animations où seront donnés des réceptions, des conférences ou des spectacles en semaine.

EN ATTENDANT UNE SECONDE TRANCHE DE TRAVAUX

A l’issue du chantier, la Halle sera plus fonctionnelle, plus lumineuse, et son cachet « arts-déco » lui aura été restitué. Mais une seconde tranche de travaux pourrait encore parfaire sa rénovation. Encore à l’étude, elle prévoit la réfection des façades du marché et de celles de la Maison des associations. La Halle deviendrait alors, et définitivement, l’un des bâtiments les plus emblématiques de Riom, à l’égal des grands monuments qui ornent cette ville.

LES ANIMATIONS DE LA HALLE

A partir du mois d’octobre, et pendant la durée des travaux, c’est-à-dire jusqu’en juin 2014, « Samedi matin », APR et Riom Communauté s’associent pour faire gagner des bons d’achat d’une valeur de 40 € (8 bons d’achat de 5 €). Chaque samedi, des bulletins de participation à déposer dans une urne seront distribués aux clients lors du marché. Un tirage au sort désignera ensuite un gagnant, qui pourra utiliser ses bons d’achat le samedi suivant.

 

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